Lutte contre le gaspillage alimentaire : le « doggy bag » à la rescousse

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Doggy bag bientôt obligatoire
Doggy bag bientôt obligatoire

En juillet 2021, vous serez tenu en tant que restaurateur de mettre à disposition de vos clients des emballages, ou « doggy bags », pour leur permettre d’emporter leurs restes. Si elle permet de lutter contre le gaspillage alimentaire, cette mesure offre des opportunités à la fois écologiques et business à ne pas manquer.

Selon une étude 2016 de l’ADEME, 18 % de la production alimentaire destinée à la consommation humaine serait gâchée chaque année, dont 14 % serait issue de la restauration collective et commerciale. Un gaspillage qui a un coût financier important, évalué à 16 milliards d’euros pour 10 millions de tonnes de produits jetés par an. Mais aussi environnemental : sur le territoire français, l’impact carbone du gaspillage alimentaire est évalué à 15,3 millions de tonnes équivalent CO2.

Le doggy bag obligatoire au 1er juillet 2021

Les professionnels de la restauration sont des acteurs incontournables du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire 2017-2020. Ils sont parmi les premiers concernés par la loi Alimentation du 1er novembre 2018, complétée par l’amendement du 21 mars 2018  adopté par la Commission développement durable du Parlement. Ce dernier indique qu’à compter du 1er juillet 2021, les restaurants et les débits de boissons devront proposer des contenants réutilisables ou reçyclables, appelés aussi « doggy bags ». Les clients qui en feront la demande pourront ainsi repartir avec ce qu’ils n’auront pas consommé sur place.

Cette réglementation existait déjà en France mais n’avait pas jusqu’alors de caractère obligatoire, ce que n’avait pas manqué de souligner à l’époque, dans un communiqué, le Syndicat National des Hôtels Restaurants Cafetiers et Traiteurs (GNI- Synhorcat). L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UIMH) lui avait réservé de son côté un accueil plus favorable, y voyant une « solution recommandée ».

 

Réticences culturelles, opportunités écologiques et business

Le dispositif existe déjà dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis où il est très courant. En France, la mesure peine à s’installer. Le Groupement national des Indépendants de l’Hôtellerie et de la Restauration (GNI) évoque notamment le coût du « doggy bag » évalué entre 0,25 et 0,70 € la pièce ». Au-delà du paramètre financier, les réticences semblent surtout matérielles et culturelles, selon une étude publiée dans la revue Décisions Marketing. L’enquête pointe la faible praticité du « doggy bag » pour le client ou le risque sanitaire lié à l’affaiblissement potentiel de la qualité des produits. Le dispositif heurte aussi les représentations culturelles du « bon repas au restaurant », en brouillant les repères entre les plats consommés au restaurant et ceux pris à la maison.

S’ils existent, ces freins ne doivent faire oublier les différentes opportunités que représente aussi cette approche. Le « doggy bag » permet bien sûr de diminuer le coût et le temps passé à la gestion des déchets. En septembre 2015, l’ADEME l’a estimé à 0,27 € par repas, soit 14 % d’une dépense moyenne de 1,90 € par repas en matières premières. Avec les coûts indirects (temps passé par le personnel de cuisine, énergie consommée pour préparer les plats, facture de déchets), la facture passe à 0,68 €, soit 33 % du coût global d’un repas.

Marketing commercial et sociétal

L’utilisation d’un « doggy bag » représente enfin un nouveau vecteur de communication intéressant à plus d’un titre : pour mettre en avant de nouveaux circuits de distribution, comme la « vente à emporter » ou le  « click & collect » ou valoriser une offre promotionnelle…

S’il répond à des enjeux commerciaux, le « doggy bag » est aussi l’occasion de travailler son image en mettant en avant sa responsabilité environnementale vis-à-vis de la planète ou son engagement sociétal face aux problématiques de sous-nutrition ou malnutrition dans le monde, aux côtés de nouveaux acteurs qui se mobilisent aussi contre le gaspillage alimentaire, via la lutte contre les invendus notamment (Optimiam ou Too Good to Go). Mais attention, la mécanique sera d’autant plus visible et efficace auprès des consommateurs qu’elle sera rare ou précurseur !

Devancez la mise en conformité !

Les restaurateurs ont donc tout intérêt à devancer la mise en conformité de juillet 2021. D’ailleurs, certains d’entre eux ont déjà sauté le pas. C’est le cas notamment de ceux du réseau Gourmet Bag, mis en place et soutenu par la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt d’Auvergne-Rhône-Alpes, antenne régionale du Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt), en partenariat avec l’ADEME. Le réseau propose déjà un panel d’outils pour permettre au restaurateur de communiquer sur son éthique. Preuve qu’il est (presque) toujours possible de faire d’une contrainte, une opportunité !  

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Le bon goût du « doggy bag » pour restaurant made in France !

Pour rester dans l’esprit de la loi Alimentation, mieux vaut faire travailler les fabricants français. Et ils sont nombreux ! L’entreprise familiale marseillaise Milhe et Avons (140 ans d’expériences dans l’emballage alimentaire) propose par exemple une gamme de « doggy bag » épurée, tout comme Vistacom basée en Savoie. La société DPL (Design Packaging Logistique) propose quant à elle de multiples possibilités de personnalisation, réalisées dans son usine implantée dans la Loire.

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